Bien-être au travail : Comment mettre en place les conditions ?

Selon l’INRS, plus d’un salarié européen sur cinq déclare souffrir de troubles de santé liés aux risques psychosociaux (RPS) comme le stress ou le burn-out. Beaucoup de techniques ont été mises en place pour palier ce mal qui trop souvent n’est pas traité en profondeur. Que faire alors pour réunir les conditions du bien-être au travail et faire en sorte qu’un salarié se lève avec l’envie d’aller travailler ?

Prendre en compte la qualité de vie au travail

Le monde du contrôle, de la surveillance sans autonomie semble omniprésent, il est surtout dépassé et illusoire. Il s’avère que ce monde dans lequel les gens sont « postés » à des taches, rôles, missions, en fonction de leur niveau hiérarchique semble s’estomper. Il a souvent pris des dimensions excessives qui ont des répercussions notables sur la performance individuelle, collective, voire psychologique. Et tout naturellement la notion, le besoin, l’impérieuse nécessité de parler de « Qualité de vie au travail » sont devenus incontournables.

Le Clean management, une des clés pour le bien-être au travail

Ainsi, au-delà de la Qualité de Vie au Travail qui aborde essentiellement l’environnement, la clef est certainement davantage dans l’Humain et donc dans la QRVT (Qualité de la Relation dans la Vie au Travail) qui peut être mise en place grâce au « Clean management ».

Le Clean management s’explique en 5 C :

 – Clair : donner la vision et le sens de façon pédagogique

 – Clean : évoluer dans l’honnêteté, le respect et la reconnaissance du droit à l’erreur

 – Collaboratif : favoriser la compétition positive, créatrice de valeur ajoutée et la collaboration

 – Confiance : construire pas à pas des rapports de confiance qui rapporte toujours plus que le contrôle

 – Constructive : mobiliser les atouts, faire équipe

La première étape nécessite que tous les salariés se sentent engagés. Pour ce faire il faut que tous soient alignés sur la Vision et que celle-ci soit déclinée en objectifs plutôt qu’en mode opératoire, pour que chacun trouve un sens.

La vision est l’élément qui permettra à tous de pouvoir s’impliquer afin de répondre au client final. C’est par ailleurs le seul élément stable dans le monde mouvant de l’entreprise. Un des buts majeurs du clean management réside dans la reconnaissance de chacun par et pour ses compétence, et est articulé autour de fondamentaux individuels et collectifs.

Au niveau individuel chacun devra apprendre à être bienveillant, à l’écoute, respectueux, empathique et faire confiance à l’autre. « La confiance ne se décrète pas, elle se crée par des actes quotidiens … La confiance est d’abord un climat, un esprit indispensable au développement » et au bien-être d’une entreprise » X. Fontanet*.

Au niveau collectif, le fait de reconnaitre un salarié par ses compétences facilitera l’entraide, le développement du leadership partagé. Le collectif a besoin de partager, d’échanger et de pouvoir construire une histoire commune et les outils de co-développement sont là pour nous y aider au-delà des moments de convivialité.

Pour ce faire c’est au travers de l’amélioration de l’environnement du salarié que peut se créer un lieu pour respirer et où chacun pourra se ressourcer individuellement ou collectivement

Toutefois, un lieu choisi et construit par tous est un élément nécessaire mais non suffisant si les règles de vie ne sont pas partagées.

Ce n’est pas seulement l’environnement qu’il faut changer, c’est d’abord la relation entre les hommes et les femmes qui composent l’entreprise. C’est la raison pour laquelle nous devons nous renouveler pour trouver des solutions aux problèmes auxquels nous avons déjà été confrontés. Ainsi, il ne faut plus parler de gestion de conflit mais de la résolution de conflit ; de défiance mais plutôt de confiance ; on ne parle plus d’adversité mais d’altérité ; on ne doit plus être dans une organisation verticale mais transversale ; on ne parle plus de compétition mais de co-opération…

Et pour ce faire des outils innovants davantage tournés vers l’Humain, doivent être généralisés à tous les niveaux de l’organisation tels que le co-développement, une méthode qui favorise l’échange d’expériences entre pairs pour améliorer des pratiques,

Si élevé que soit l’arbre, ses feuilles tombent toujours à terre dit un proverbe chinois, il est donc important d’investir dans ce qui fait sa sève : les Hommes et les femmes de l’entreprise.

Isabelle Lefèvre-Bachellereau, partenaire au sein de Latitude RH

sabelle LEFEVRE - Latitude RH

Isabelle LEFEVRE – Latitude RH

Isabelle LEFEVRE est Diplômée d’un Mastère  à l’IGS, elle est également Coach certifiée HEC.  Après avoir commencé sa carrière en  1994, elle a occupé divers  poste de Directeur Ressources Humaines dans des univers aussi variés que les start-up (Heidelberg Consumables Intl) les télécoms (Nortel) l’industrie (Honeywell) et principalement dans des environnements anglo-saxons. Elle a rejoint le cabinet Latitude RH en 2013, en tant que partenaire.

Latitude RH, créée en 2009 par Xavier Tedeschi, conseille les DG comme les DRH dans l’accompagnement humain et social des transformations et transitions : feuille de route, pilotage et communication de projet, ingénierie sociale, mobilisation des acteurs et développement RH. Son concept de “Saine Restructuration” se fonde sur un dialogue social, mobilisant les relations entre toutes les parties prenantes.

*Référence livre : « Si on faisait confiance aux entrepreneurs » Xavier Fontanet